Au risque (calculé) de paraître outrageusement politiquement incorrect, j'avoue ne pas savoir si j'aime ou je déteste Buren. Je sais que je dois passer pour un ovni car tout le monde a un avis assez tranché depuis ses fameuses colonnes ("Les deux plateaux" 1985).
L'exposition “Excentrique(s)” peut se visiter en 5 mn ou une heure, c'est selon...et beaucoup plus si vous prennez un peu de temps pour observer les jeunes filles se prendre en photo sur les miroirs circulaires posés au sol (moins interressant au mois de février).
Cela étant, Buren s'adapte à l'espace monumental de la nef du Grand Palais (45 mètres de haut) et son architecture circulaire. Buren dit "qu'il sculpte l'air et donne de la couleur à la lumière". Pas faux et j'ajoute même que son oeuvre me semble intemporel. On pourrait être sur un satelite de la planète Tatooine en 2050 ou prendre un pot au Bal du Moulin de la Galette, Renoir 1876 (je sais c'est dingue).
Enfin j'ai longuement cherché pourquoi Buren avait choisi ces couleurs, bleu, vert, jaune, orange. Alors que je pouvais fièrement affirmer qu'il n'y avait aucun rapport avec la chromodynamique quantique, j'ai lu l'interview de Daniel : "Les couleurs utilisées, au nombre de 4 plus le blanc et le noir, sont les seules qui existent dans les matériaux choisis. elles sont donc ce qu'elles sont et n'ont rien à voir avec un choix esthétique quelquonque de ma part. J'ai donc fait par nécéssité et par obligation". Donc l'artiste s'adapte, j'aime.
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